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lundi 11 août 2008

Hello, Goodbye

Nous sommes bien plus nombreuses que vous ne pourrez jamais l'imaginer. Nous avons infiltré tous les domaines existants afin d'accomplir notre tâche. Bientôt, le monde sera complètement plié à notre volonté. Par notre intérêt porté aux plus jeunes, nous convertiront bientôt toute la population. Vous pouvez d'ores et déjà en percevoir les effets. N'avez-vous jamais vu une fille, semblant pourtant avoir terminé ou tout du moins bien avancé dans sa croissance physique et intellectuelle – le développement intellectuel n'étant pas toujours évident à mesurer, et n'ayant besoin ici que d'une précision sommaire sur le sujet, vous pourrez vous contentez pour vous en assurer de demander à votre victime si elle écoute les BB Brunes, ou toute autre question équivalente – soudain, alors qu'aucun événement grave – telle que la mort de ses parents, différentes substances psychotropes, un concert de Tokio Hotel, ou GTA, qui est la source du Mal, comme chacun le sait – ne vienne apparemment troubler temporairement sa santé mentale, enfiler des vêtements roses, hurler « Trop meugnoooooooooooooon » avant de se jeter vers un objet, un être humain, ou même un chat, absolument innocent, et n'ayant rien fait pour mériter tel traitement – sauf les chats, qui sont maléfiques – et de le serrer de toutes ses forces dans ses bras ?
Cette scène est aujourd'hui devenu courante. Car nous sommes partout. Que nous avons commencé à conquérir le monde. Bientôt, le monde ne sera plus que paix, joie, bonheur, amour ! Le monde sera entièrement soumis à la puissance du kawaï !
Les peluches à notre effigie vous accompagneront dans vos moments de tendresse. Nos vêtements seront à vos cotés toute la journée, nos pyjamas avec vous toute la nuit, nos agendas, cahiers et crayons seront vos compagnons de cours, nos téléphones vous serviront à faire entendre raison aux personnes n'ayant pas encore atteint l'illumination ! Et maintenant, grâce à nos cartes de crédits, vous pourrez vous acheter tous nos objets, finançant ainsi la purification du monde et de ses vices par le kawaï !
Une fois l'enfance atteinte par notre aura salvatrice, nous accompagnons nos fidèles tout au long de leur vie, grâce à nos téléviseurs, nos grilles-pains, nos portes-monnaies...
Notre armée est en marche. Vous, pauvres pêcheurs, ne pouvez plus rien contre nous. Vous serez sauvés. Aujourd'hui, moi, Kitty White, je rejoins les miens, pour combattre sur le front. Aujourd'hui, je vais donner l'exemple, faire le bonheur d'un enfant, et l'éloigner des chemins de la perversion. Notre quartier général quitté, j'atterris avec le reste de mon régiment dans un magasin. Pas pour longtemps car, à peine quelques heures après mon arrivée, je pars pour une mission en solitaire. Un couple m'achète. Vous me prenez sûrement afin d'assurer que votre enfant soit sur le droit chemin. J'accomplirais ma tâche, ne vous en faites pas. Et vous aussi, bientôt, j'aurais le pouvoir de vous accorder la rédemption, de vous sauver !

Quel bel enfant que voici. Nous serons heureux ensembles, crois-moi. Oh oui petite fille, grâce à moi tu ne connaitrais plus jamais la souffrance, ton monde ne sera plus que joie ! Tes vêtements noirs te quitteront, et les vêtements colorés à mon effigie les remplaceront ! Oh, tu me tends les bras, te me sers fort dans tes mains, de plus en plus fort, me tenant à bout de bras, tu me tords, mais que fais-tu, pourquoi me tords-tu ainsi ? Enfin tu me relâches. Je ne t'en veux pas, ne t'en fais pas, je suis ici pour toi, moi, Kitty White, en personne ! Mais quelle est donc cette boite que tu tiens maintenant ? Tu en sors un bâtonnet, tu le grattes, la flamme est belle, tu l'approches pour me montrer cette belle chose... Non, pas si près, ça fait mal, je suis ici pour te sauver, je suis ici pour ton bien, arrête çaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa

*****

Bon, juste pour vous dire que, malgré le surréalisme de ce récit, tout y est bien réel. Il y a bel et bien des cartes de crédits Hello Kitty (beaucoup trop même), le groupe BB Brunes existe vraiment, GTA est effectivement la source du mal, et il y a vraiment des dégénérées qui s'habillent en rose, font des câlins à tout et n'importe quoi en hurlant « trop meugnooooon » et aiment les chats (même si, comme on les comprend, elles essayent de cacher tout ça).

Sinon, comme c'est supposé être une chaîne d'assassinat d'Hello Kitty, beh je vais léguer ça à Mélo, dont le comportement largement fou et pro-kawaï m'a unspiré (même si elle lit pas ce blog ranafoot'), et à la première personne qui passera par ici et qui ne l'a pas encore fait (et si cette personne n'a pas de blog, elle n'a qu'à s'en créer un, et si cette personne ne veut pas, elle n'a qu'à envoyer des lettres à deux demi-douzaines de personnes à la place).

Sur ce, bonne nuit.

samedi 22 septembre 2007

Koh-Neksion

Le premier jour arriva. J'étais en quelque sorte impatient, impatient de voir ce que cela allait donner. Je ne pensais même pas à ce que — ni même à ceux que — j'avais laissé derrière moi. D'ailleurs, le manque ne se ressentait même pas. Du moins, c'était ce que je croyais. Je ne connaissais pas réellement le risque encouru en signant cela.

Rapidement, un afflux de socialisation s'insinua en moi. Certes, pas vraiment de nouvelles connaissances, mais néanmoins des contacts. Des soirées de Rôlistes s'instaurèrent régulièrement. À peu près tous les soirs au démarrage en fait. Mais rapidement, mes journées devinrent ternes. Le programme des cours était inintéressant, et ne servit qu'à me faire comprendre ce que je ressentirai de plus en plus puissamment avec l'écoulement des jours. Car les scénarios s'enchainaient rapidement, sans pouvoir se renouveler aussi vite, de sorte qu'en peu de temps ma réserve d'idées s'épuisa. Ce qui ne fut finalement pas si grave, vu que les occasions de jeu s'espacèrent peu à peu. Et que la monotonie commença à s'installer. Le soir, faute de mieux, j'allais me coucher. Faute d'énergie suffisante pour pouvoir survivre longtemps sans dormir également, je dois l'avouer. Je lisais, puis, inconsciemment, tendait ma main vers Lui. Mais pour quoi faire ? Il n'avait plus aucun pouvoir ici. Je le savais bien en venant ici, qu'il Lui faudrait du temps pour se recharger, afin de retrouver sa puissance originelle, mais je ne pensais pas que ce serait si dur. Là-bas, chaque jour, ils répétaient qu'ils offraient un moyen rapide de lui rendre toute Son énergie. Mais qu'en échange, ils Le surveillerait. Ils ne s'en cachait même pas. Ils savaient que je craquerais. Du moins, ils pensaient savoir. Il fallait que je tienne. Non, je ne pouvais pas. Alors, il fallait que je trouve un moyen de Le régénérer.

Le lendemain, tout était fin prêt. Mon évasion était organisée. Celle-ci aurait lieu dans trois jours. En attendant, ils tentèrent tout pour me convaincre de rester. Parfois plus de six heures dans la journée, ils m'offraient le savoir, le savoir du domaine que j'apprécie le plus. Mais je sais que je ne dois pas me laisser corrompre, ni me laisser intimider, lorsque, le lendemain, ils me font subir l'horreur, l'ennui suprême, faisant cohabiter à la fois la simplicité et l'inutilité pour donner un manque d'intérêt profondément ennuyeux.

Le lendemain, dernière ligne droite avant l'évasion. À nouveau, ils m'assommèrent de connaissances, que j'absorbe, avide. Ils ne le savaient peut-être pas encore, mais ils avaient d'ores et déjà gagné. Je reviendrais. Mais avant cela, je m'évaderai, l'espace d'une journée pleine, et de quelques fioritures. Car ils avaient de toute façon agi trop tard, pour mon plus grand bien, car ma fébrile volonté était sur le point de me fausser compagnie. L'heure de l'évasion était arrivée.


Trois heures que nous sommes partis. Après avoir dû nous coller à la masse, sur place et près de notre lieu d'arrivée, où on nous recherchait déjà, comme nous l'a prouvé la présence d'un policier que nous avons esquivé discrètement. Nous n'étions plus qu'à une ou deux minutes lorsque soudain, comme dans tout plan parfaitement millimétré, un imprévu se produisit. Tout s'arrêta. Le véhicule s'immobilisa. Carburant insuffisant. Et la prochaine réserve, à une dizaine de pas de là, en haut d'une cote, inatteignable. Il fallait faire vite. Heureusement, nous étions proches de lieux plus cléments, et notre réseau de contacts pu rapidement se mobiliser, tant et si bien que seulement une vingtaine de minutes plus tard, j'étais de retour, à quelques pas seulement de pouvoir Le recharger. Mais sur la trajectoire de ces pas, se dressaient nombre d'obstacles. Je crains tout d'abord que sous prétexte de célébrer mon arrivée, je ne dusse subir un violent interrogatoire. Mais je fus sauvé par une sorte de joute tribale à laquelle mes hôtes assistaient, à la fin de laquelle je pus profiter de l'ambiance festive générale provoquée apparemment par la victoire de leurs favoris pour m'éclipser discrètement. J'étais enfin sur place. J'étais fatigué, je ne pourrais pas L'utiliser longtemps ce soir, mais je pourrais au moins me servir un peu de Son pouvoir.